Mauritanie: Concertation nationale a débuté

La concertation nationale a commencé cette semaine à Nouakchott. Depuis quelques jours, l’opposition mauritanienne organise des réunions pour parvenir à une nouvelle plateforme politique. Trois réunions se sont tenues pour y parvenir pour. Les partis de l’opposition ont tenté de parler et d’harmoniser leurs positions. Il s’agit d’échanger sur les thématiques, le format et de mettre en place une commission de pilotage. cette commission définira le format et ceux qui devront représenter l’opposition à la concertation nationale.

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Il est évident que tous les partis de l’opposition ne pourraient pas siéger à ce comité. Par conséquent, il faudrait désigner ceux qui y seront envoyés. Au sein de l’opposition, certains partis politiques travaillent à éviter des frictions et à unir celle-ci. Ils veulent un conclave inclusif pour débattre de l’ensemble des questions nationales. La feuille de route concoctée s’est efforcée à prendre en compte l’ensemble des préoccupations majeures du pays.

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Au terme de cette première étape, l’opposition pourrait se trouver une nouvelle foid pour parler d’une seule voie à la concertation nationale. Elle pourrait désormais peser sur les débats nationaux et imposer, pourquoi pas, au pouvoir un rapport de force en sa faveur.

L’opposition et même la majorité s’accordent sur l’urgence de débattre de l’unité nationale et la cohésion sociale. Ils sont aussi d’accord sur la question de la bonne gouvernance, et la lutte contre la gabegie. Mais il est clair que les uns et les autres n’y mettent pas le même contenu. Le passif humanitaire demeure toujours un sujet délicat. Certains insistent sur ce qui s’est passé dans les casernes militaires, le génocide, et les déportations. Ces questions restent difficile à aborder car cela engage la responsabilité des forces de défense et de sécurité. Pour certains, l’armée doit être tenue hors de ces conclaves.

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En effet, le génocide de 1989/91 a profondément ébranlé les fondements de l’unité nationale. Tout les acteurs politiques souhaitent consolider cette unité. Cela passe par accepter un débat sans passion sur ces questions qui continuent de fâcher.

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Beaucoup s’accorde pour dire que ces événements de 1989 ont créé une crainte entre les populations. Les partis politiques comme AJDMR et les FPC dénoncent la marginalisation des noirs à tous les niveaux. Ils fustigent des écoles et des nominations monocolores, des médias publics presque exclusivement arabes. Il reste aussi l’épineuse question de l’officialisation de l’enseignement des langues nationales (Pulaar, Soninke et Wolof).

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A l’approche de la concertation nationale, des actes de provocation se multiplient de la part de ceux qui veulent le maintien du statu quo. Les récents propos du Commissaire à la retraite Deddahy alimentent la haine et le ressentiment, selon les intellectuels noirs. Deddaly a tenu un discours mensonger, ce qui est blessant pour les victimes qui attendent toujours justice.

Le parti d’opposition union des forces de progrès (UFP) a déclaré pour sa part que les climats politique connait une escalade dangereuse. L’UFP a demandé au gouvernement de mettre un terme aux traitements provocateurs auxquels se livrent certains citoyens.

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L’union des forces de progrès a appelé les forces politiques nationales, notamment la majorité, à mesurer les dangers que constituent les défis auxquels fait face le pays. Tous doivent œuvrer à la recherche d’un consensus national. Selon eux, il faut contribuer à la création de conditions appropriées pour la réussite du dialogue national inclusif.

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Le président de l’APP, quant à lui, est absent des rendez-vous préparatoires de l’opposition pour le dialogue national. Ould Boulkheir montre ainsi peu d’enthousiasme à la réunification de l’opposition. Il persiste dans sa stratégie de la chaise vide. Rappelons qu’il fait parti d’une coalition des cinq principaux partis de l’opposition.

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