Guinée-Bissau : Embaló soupçonné d’avoir organisé la tentative de coup d’État

Au début du mois le président Umaro Sissoco Embaló avait été victime d’une tentative de coup d’état. Les médias parlaient alors d’épidémie de coups d’État en Afrique de l’Ouest. Rien d’étonnant, sauf que des doutes apparaissent quant à la version officielle des événements.

Depuis son indépendance la Guinée-Bissau a connu plus de dix coups d’états et de tentatives de coup d’état. Selon la version officielle, le 1er février des hommes armés se sont introduit dans le palais présidentiel à Bissau. Le président était à l’intérieur, en réunion. Le combat aura duré 5h et fait 11 morts. C’est Embaló lui même qui annonce que tout est sous contrôle. Il qualifie alors les événements de tentative de prise de pouvoir, et de « commerce illégal de drogues ».

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Quelques semaines plus tard, il accuse trois hommes d’être derrière la tentative de coup d’état. Il dit avoir vu les assaillants pendant la fusillade. L’un des hommes que le président Embaló accuse n’est autre que l’ancien chef de la marine, José Américo Bubo Na Tchuto. Les trois suspects ont été arrêtés depuis. Le président dit avoir échapper cette « tentative » d’assassinat par la grâce de Dieu.

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La Guinée Bissau est une plaque tourne de trafic de drogue en provenance de l’Amérique Latine en transit vers l’Europe. Elle est reconnue par la communauté internationale comme un narco-état. Les trafiquants financent les politiciens qui eux même protège le réseau.

A son élection le président Embaló avait promis de mener une lutte sans merci contre le trafic de drogue. Son clan prétend qu’il a mit en place tout ce qu’il faut, le problème est sur le terrain. Selon les observateurs les trafiquants n’ont jamais été aussi actifs.

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Le principal opposant au régime actuel et ancien Premier ministre Domingos Simoes Pereira met en doute la version officielle. Il a confié à la BBC qu’il trouvait étrange qu’après 5 h de combat, l’armée ne soit pas venu en renfort. Il exige que le président dise qui sont les « personnes qui ont perpétré ce coup d’État ? Combien étaient-ils ? Qui les commandait ? Quels étaient leurs véritables objectifs ? » Embaló lui accuse les narco-trafiquants.

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