G5sahel: Inclure les jihadistes dans la lutte contre le terrorisme

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La France mène depuis 2013 des opérations militaires au Mali contre le terrorisme. Elle dirige aussi aux côtés de partenaires européens l’opération TAKUBA qui se charge de former et d’entraîner les armées malienne et burkinabaise. Enfin elle offre un appui logistique aux opérations militaires.

La complexité de la lutte contre le terrorisme, son caractère mutant et sa gravité le rendent omniprésent dans toutes les politiques comme dans la réflexion stratégique. C’est pourquoi les deux puissances occidentales les plus engagées en la matière, sur des fronts extérieurs, sont en train de revoir leur approche.

Les Français ressentent une pression de plus en plus insupportable au Sahel. Leur effort de guerre dans cette région est trop coûteux pour être soutenu plus longuement. Le réajustement du dispositif Barkhane est engagé depuis plusieurs mois et tout portait à croire qu’il serait allégé rapidement. Toutefois, la mort subite d’Idriss Déby, le grand allié militaire de la France dans la sous-région, pourrait retarder l’échéance.

L’appel du président à un dialogue inclusif entre Tchadiens prononcé à cette occasion devrait être vu comme un message d’apaisement général. Il s’adressait implicitement à tous les acteurs impliqués dans les conflits armés au Sahel, dont les mouvements armés et les groupes rebelles actifs dans d’autres pays, notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso.

Il serait illogique d’exclure les groupes jihadistes de ces échanges, alors que ceux-ci sont les plus actifs, les mieux structurés et les plus efficaces sur le terrain. La France ne pourra pas continuer à ignorer ou rejeter cette évidence déjà largement intégrée par ses alliés américains, et mise en application par ses partenaires sahéliens les plus concernés par la lutte contre le terrorisme, notamment les autorités maliennes et burkinabè.

Par ailleurs, la France a annoncé jeudi la suspension des opérations militaires communes avec l’armée malienne, après le coup d’état intervenu fin mai. Cette suspension sera évaluée dans les prochains jours à la lumière des réponses que donneront les autorités maliennes.

Cette décision intervient quelques jours après les déclarations du président français Emmanuel Macron qui avait dit que la France ne restera pas aux côtés d’un pays qui se dirige vers l’extrémisme religieux.