Afrique: Bagarre entre francophones et anglophones au parlement panafricain

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Le parlement panafricain dont le siège se trouve à Midrand en Afrique du Sud, a suspendu mardi, son vote pour désigner un nouveau président, après plusieurs jours de débats houleux et de mécontentement sur le système d’élection. A cause de profondes divergences dans le mode d’élection du président du Parlement panafricain (Pap), notamment entre les députés d’Afrique australe et ceux d’Afrique de l’Ouest, les élus de l’Union africaine en sont venus aux mains.

Pendant plusieurs jours, on a eu droit à l’image d’une désunion au niveau du Parlement de l’Union panafricaine.

Le différend a opposé le groupe parlementaire d’Afrique australe à ceux d’Afrique de l’est et de d’Afrique de l’ouest, le premier refusant de procéder au vote à moins que le processus ne soit réformé pour instaurer une présidence tournante. Car, depuis son instauration en 2004, aucun des cinq présidents qui se sont succédé à la tête du Parlement n’est issu de l’Afrique Australe.

Le Chef Fortune Charumbira du Zimbabwe est actuellement le président par intérim, en attendant la désignation d’un véritable président pour l’institution parlementaire continentale. Le mandat du Bureau actuel a expiré en mai et le groupe parlementaire d’Afrique de l’ouest et celui d’Afrique de l’est accusent Charumbira d’avoir profité de ce délai pour conserver le poste.

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L’Afrique de l’est a posé la candidature de Mathom Ayuel Aboug du Soudan du Sud, tandis que Haïdara Aïchata Cissé du Mali est la candidate de l’Afrique de l’ouest. Le groupe d’Afrique australe conteste cependant l’éligibilité de Mme Cissé, citant la politique intérieure du Mali, un pays que l’UA a suspendu cette semaine, à la suite d’un coup d’Etat militaire à Bamako.

Cependant, les événements de ces derniers jours soulèvent des questions sur la capacité du PAP à agir comme un phare pour canaliser les efforts d’unité et de cohésion continentales. Ces bagarres au sein du PAP ont poussé de nombreux observateurs à remettre en question les idéaux d’une Afrique unie et d’une Communauté économique africaine réelle, qui sont tout à fait réalisables, si les gardiens eux-mêmes de cette institution pouvaient voir au-delà de leurs simples intérêts régionaux et nationaux.

Il reste à voir s’il sera possible de trouver un accord concernant ce principe de rotation soulevé par les députés d’Afrique australe. Pour le moment, tout le monde est suspendu à la conférence des chefs d’État qui est l’unique organe de décision de l’Union africaine. En effet, le Parlement n’a toujours pas le pouvoir d’imposer des lois continentales, y compris dans son propre mode de fonctionnement. Cette crise est l’occasion d’apporter des corrections à ce niveau.