Afrique: les bons programmes scolaires, pour de bonnes entreprises

Sur le continent africain on constate une tendance croissante faisant de l’entrepreneuriat la solution miracle à de nombreux problèmes. Les concours de pitchs sont nombreux et variés, chacun cible un groupe démographique ou un secteur d’activité différent: jeunes, femmes, créatifs, inventeurs, agro-industriels, etc. L’intention et le but sont d’identifier, former et de préparer les jeunes ayant développé des idées pouvant être des catalyseurs sur le continent, et de les transformer en entreprises prospères.

Cependant, les plateformes pour produire le type de profil pouvant réussir dans la création d’entreprise et générant des rendements satisfaisants dans des domaines tels que la création d’emplois, la réduction du chômage et la sécurité alimentaire n’est pas encore pleinement développé. Les écoles africaines accordent toujours la priorité à l’apprentissage par cœur, à la théorie plutôt qu’à la pratique et aux programmes dépassés qui ne répondent plus aux besoins changeants du marché du travail, et peu d’établissements enseignent l’entrepreneuriat aux jeunes.

En Afrique, les économies ne créent pas suffisamment d’emplois pour les de 10 millions de jeunes entrant chaque année sur le marché du travail. Le développement des entreprises reste le meilleur moyen de créer des emplois et d’assurer des moyens de subsistance durables. Pourtant, peu de gouvernements ont intégré cela à leurs programmes.

L’intégration de l’éducation à l’entrepreneuriat est un élément clé de la création d’emplois, non seulement par le biais du travail indépendant, mais en tant que petite entreprise employant d’autres personnes. Si chaque jeune entrepreneur génère au moins cinq nouveaux emplois, cela peut faire basculer le chômage des jeunes sur le continent.

Pour ce faire, nous devons nous concentrer sur des programmes d’études pratiques. Nous devons enseigner aux jeunes non seulement comment les choses sont fabriquées, mais aussi comment les fabriquer. Ils doivent apprendre non seulement comment les choses se font, mais comment les faire.

L’entrepreneuriat de masse, concept expérimenté en Inde, connaît certain succès.

Assurer ce type de changement dans les systèmes éducatifs nécessite une refonte systématique des approches éducatives existantes. Après tout, la question demeure: les enseignants peuvent-ils enseigner avec succès l’esprit d’entreprise? Et si oui, peuvent-ils le faire efficacement? Il existe peu de modèles sur le continent ou ailleurs pouvant être reproduits. L’apprentissage théorique reste une pédagogie dominante, alors qu’il est prouvé que l’éducation par l’expérience est l’approche la plus efficace.

Selon la Banque mondiale, l’enseignement commercial commence principalement au niveau tertiaire, alors moins de 10% des diplômés du secondaire en Afrique entrent à l’université. Si les étudiants entrent sur le marché du travail après le lycée et deviennent des entrepreneurs par défaut plutôt que de manière intentionnelle, ils doivent être outillés plus tôt sur la manière de gérer une entreprise afin d’accroître leurs chances de réussite.

Le mot «entrepreneuriat» est encore abstrait pour beaucoup de jeunes. L’idée que tous les jeunes peuvent démarrer et gérer une entreprise est en grande partie fausse. Redéfinir ce que signifie être entrepreneur peut être un levier essentiel de changement. Être entrepreneur ne concerne pas seulement la création d’entreprise, mais aussi un changement de mentalité. Il s’agit de penser la manière d’entreprendre et de rechercher de solutions. Réorienter les jeunes d’une fondation à but lucratif vers celle de résolution de problèmes est ce qui distingue les entrepreneurs prospères des rêveurs.

Commencer cette éducation tôt, systématiquement et à grande échelle est la clé.

Source Forbes.com

Elizabeth Bintliff, PDG de Junior Achievement Africa, basée à Accra, une organisation axée sur l’autonomisation des jeunes.

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