Le diable n’existe pas dans la spiritualité originelle de l’Afrique

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L’origine du concept de Dieu et du diable hors Afrique

SANS LE DIABLE, IL N’Y A NI CHRISTIANISME, NI JUDAÏSME, NI ISLAM.

Dans le concept spirituel des peuples d’Afrique il n’existe pas de diable qui s’oppose à Dieu. Mais sans le diable, il n’y a pas de judaïsme, de christianisme ou d’islam. Ni le péché, ni le diable ne sont des concepts indigènes africains. Le «Diable» tel qu’exposé par les religions dites révélées, judéo-chrétiennes et islamiques n’existe pas dans la spiritualité traditionnelle africaine. Il ne s’agit pas de condamner ou de juger, juste exposer son origine étrangère.

La religion africaine ne connaît pas un principe cosmique du mal comme le diable comme dans la foi chrétienne et musulmane. Gregor Schmidt, (MCCJ Contemporary Beliefs about Witches and Witchcraft in Kenya, p.3) dans la vision du monde des africains il n’y a pas de concept d’un diable qui est en lutte constante avec Dieu. La colonisation et l’esclavage, et les religions qui ont été imposées aux peuples d’Afrique les ont amené à adopter une telle notion. Dans certains cas ils l’ont adapté dans leurs propres systèmes de croyances indigènes. « The African Concept of God,p. 6« 

La spiritualité africaine ne reconnaît aucun être surnaturel tout puissant qui est lié à l’enfer destituant le créateur en tant que maître de l’univers. Par conséquent il n’y a pas de mot pour «Diable» dans la plupart des langues africaines. Dans leur tentative malhonnête de traduire le concept du «diable» dans les langues africaines, les djihadistes des croyances étrangères (Islam, Christianisme) ont déformé, et diabolisé les divinités africaines très importantes comme Esu & Ekwensu.

Diaboliser la spiritualité africaine pour mieux s’implanter

Les missionnaires voulaient à tout prix discréditer la spiritualité africaine pour mieux s’implanter à la place, ils l’ont catégorisée d’idolâtrie, et son concept visuel de superstition. En outre, en identifiant les divinités indigènes avec le diable, les missionnaires ont validé la croyance en un diable avec toute la puissance et l’attractivité de la divinité indigène. « Stephen Bigger Ethno-spiritualité A Postcolonial Problematic Alternation Special Edition (2009). » Enyeribe Onuoha réfute l’idée que Ekwensu est Satan ou un anti-Dieu. Pour lui, la religion Igbo n’a aucun mot qui correspond à «mal incarné». Il n’y a pas un tel esprit appelé «Diable». Pour lui, Ekwensu est plutôt l’un des esprits mineurs de la spiritualité Igbo. Selon « Matthew Maduabuchi Nsomma Anyanwu, le terme serait un emprunt, une traduction littérale de la théologie et la connaissance de Satan. Il n’y a donc pas de « diable » ou un adversaire de Dieu dans la religion traditionnelle africaine des Igbo.

Le Dieu Eshu, Esu
Le diable n’existe pas dans les spiritualités africaine

Dans la cosmologie indigène africaine, les divinités ne contestent pas la puissance du Dieu suprême (Chukwu). Au contraire ils travaillent de concert avec les humains pour la réalisation du destin individuel et communautaire. « Elochukwu Uzukwu, Interface Between Igbo Theology and Christianity, p.87 Ref Source NGa Sidney Davis.

Par exemple, les missionnaires capucins ont fait de nombreuses observations parfois très détaillées de la vie religieuse locale au cours de leur travail d’évangélisation au Congo. Une grande partie de ce travail est une dénonciation des coutumes locales, trahissant ainsi une forte subjectivité chrétienne. Cela se traduit, par une tendance à identifier tous les êtres surnaturels adorés au Congo comme des manifestations du Diable. Mais leurs commentaires ne sont pas tout à fait clairs pour savoir si les congolais adoraient une divinité qu’ils considéraient comme méchante et démoniaque de la même manière que les chrétiens considèrent le diable. On ne sait pas non plus si la cosmologie congolaise avait une divinité qui faisait figure d’adversaire de Dieu. Les missionnaires ont simplement attribuer toutes ces croyances surnaturelles au diable.

Diabolisation des pratiques cultuelles africaines, le fondement des violences religieuses en Afrique

En Tanzanie, à l’endroit où se trouvent le lac Victoria, le cratère du Ngorongoro et les gorges d’Olduvai, on a trouvé les plus anciens restes humains connus de l’espèce humaine. La ligne nord-sud des lacs, Albert, Ruranzige, Kivu et Tanganyika, la bordure orientale de la forêt d’Ituri au Congo. Les Pygmées Efe qui vivent sur la forêt de l’Ituri appellent le massif du Ruwenzori Towering Baba Tiba, les montagnes de la Lune. Dans la théologie Efe le premier homme est monté au ciel après avoir servi comme gouverneur bienveillant du peuple Pygmée primordiale. Il a ensuite établi sa résidence sur la lune où il assiste toujours Dieu comme un ange lunaire. Pour l’Afrique tropicale la lune était, et est toujours, l’objet favori de vénération, et non pas le soleil.

Il n’y a pas de diable ou de diabolisation intra et inter religion entrainant la haine, la violence, ou des violations des droits religieux entre groupe dans la spiritualité l’africaine. Il n’y a jamais eu de guerre de religion en Afrique avant l’arrivée de l’islam et du christianisme (Hampate Bâ). Dans leur croyance au diable, les religions abrahamiques se terrorisent et se diabolisent entre eux et toutes les autres religions. Sunnites contre chiites, protestants contre les catholiques. Mais aussi au sein des sectes juives (entre ethnies, entre races) ainsi de suite ad nauseam.

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« Les livres » des religions Abrahamiques justifient les violences religieuses, humaines et la diabolisation des autres. Cependant, ils sont tous d’accord sur une chose, s’unir pour terroriser et diaboliser, les africains et détruire leurs religions. La culture africaine indigène et sa spiritualité ont toujours été considérées par ces derniers comme «barbare», «stupide», «bestiale», «magie noire», «cannibale», «diabolique», «démoniaque», « méprisable »,« païennes »,« analphabètes »,« immorale »,« inférieure »primitive »,  » la promiscuité « , » satanique « , » sauvage « , « sensuel « , » sexuelle, »« superstitieuse »,« non civilisées »,« sorcellerie », entre autres, etc., ad infinitum, Ce qui est ironique c’est eux qui croient au diable et pas les africains, mais ils nous dénigrent, nous accusent d’adorer le diable et les démons, quand nous ne diabolisons personne!

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Des textes égyptiens vers 2500 avant JC se réfèrent aux Pygmées comme des petits hommes de la terre, des arbres ,et des esprits au pied des montagnes de la Lune. Le pharaon Nefrikare envoya une expédition en Afrique centrale qui est revenue avec un nain danseur connu sous le nom de Akka. Dans un autre texte retrouvé dans une pyramide de la sixième dynastie le souverain Pépi I déclare que: « Le pygmée est entre les cuisses de Nout. » Nout est la déesse du ciel et la mère d’Osiris et d’Isis. Ce pygmée s’appelle Bes.

La démonisation du peuple africain à commencer avec le dieu Bès
Le Dieu Bès, un Dieu gardien.
Le Dieu Bès, un Dieu gardien diabolisé par les religions étrangère à l’Afrique.
Les plus anciennes formes de spiritualité africaine chez le peuple Twa : Bes ou Horus 1er

Bès était un Dieu étranger, importé de la terre de Nubie. Il était joyeux, aimait la musique et la danse. Il était très populaire, adopté par la classe moyenne. Il était considéré comme un Dieu tutélaire de l’accouchement et, assez étrangement, des cosmétiques et des ornements féminins. Bes chassait les démons de la nuit, et protégeait les hommes des animaux dangereux. Son image était gravé près du lit. Il a fini par devenir un protecteur des morts et, étonnamment, en concurrence avec le magnifique Dieu, le raffiné Osiris. Il était à l’origine une divinité protectrice de la maison royale de l’Égypte, avant de devenir une divinité des ménages populaires dans tout le pays.

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Du point de vue archéologique, les vestiges des plus anciens fossiles connus, selon le Dr Louis Leakey, ont été trouvés dans la région des Gorges d’Olduvai au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie. Ces premières personnes de « petite stature » étaient connues comme les «Twa». Ils adoraient le Dieu Bes, une forme humaine primitive d’Horus Ier, qui était la première forme de Ptah, le Dieu des Dieux. Les Twa, sont des hommes modernes, un peuple résidant dans les forêts tropicales d’Afrique centrale. Ils ont des liens avec les groupes humains vivant en Asie du Sud et du Sud-Est. On trouve aussi ce même Dieu noir, Ptah, Dieu créateur en Egypte. Les Twa disent avoir migrés quatre milles ans auparavant dans vallée du Nil, et établi ce qui allait devenir plus tard la civilisation égyptienne, par Carl J. Becker, A Modern Theory of Language Evolution, by Carl J. Becker, 2004, p. 164 & 167.