Mai Idris Alooma

Idris Alooma, Idris ibn Ali ou Idriss Alaoma qui régna de 1564 à 1596 était le roi de l’empire du Kanem-Bornu, qui s’entendait sur le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigéria. Son nom est orthographié le plus souvent par Idris Alawma ou Idris Alauma. Il fut un homme d’état exceptionnel, sous son règne, le Kanem-Bornu fut à l’apogée de son rayonnement. Idris est entré dans l’histoire par ses compétences militaires, ses réformes administratives et sa piété. Ses exploits sont rapportés par le chroniqueur Ahmad bin Fartuwa. Ses principaux adversaires étaient les Hausa à l’Ouest, les Touareg et Toubou au Nord et les Bulala à l’Est. Un poème épique vante ses victoires dans 330 guerres et plus de 1 000 batailles.

Pendant son règne, il mit en place des camps militaires fixes, entourés de murs. Il développa des techniques de sièges, et des tactiques de terre brûlée, où les soldats brûlaient tout sur leur passage. C’est à lui qu’on doit des chevaux et les cavaliers cuirassés, ainsi que l’utilisation de la chameliers berbères, des bateliers Kotoko, et des mousquetaires à casque de fer, et des conseillers militaires.

Sa diplomatie était active et dynamique. Le royaume entretenait des relations avec Tripoli, l’Égypte et l’Empire ottoman, qui ont envoyé une délégation de 200 membres à travers le désert jusqu’à la cour d’Alooma à Ngazargamu. Alooma a également signé ce qui était probablement le premier traité écrit de cessez-le-feu de l’histoire tchadienne.

Le roi Alooma a introduit un certain nombre de réformes juridiques, administratives, et religieuses. Il a parrainé la construction de nombreuses mosquées, fait un pèlerinage à la Mecque, où il a financé la construction d’une auberge pour les pèlerins de son empire. En politicien avisé, le roi Alooma a toujours su s’entouré de conseillers et d’alliés loyaux et compétents. Il prenait toujours conseil au près d’une assemblée composée de chefs de clans les plus importants. Les personnalités politiques dans sa cours venaient de diverses groupes ethniques du royaume. Il renforçait ses alliances politiques par des mariages stratégiques, lui même était issu d’un mariage interethnique.

Le Kanem-Bornu sous la gouvernance du roi Alooma était prospère et puissant. La richesse du gouvernement provenaient des impôt, du butin sur des peuples rebelles vaincus, et du commerce. Contrairement à l’Afrique de l’Ouest, la région tchadienne n’avait pas d’or. Pourtant, il était au cœur de l’une des routes les plus florissantes du désert du Sahara. Entre le lac Tchad et le Fezzan, il y avait des puits et des oasis, qui facilitaient les connections entre l’Afrique du Nord et la Méditerranée. Beaucoup de produits étaient exportés vers le nord, notamment le natron, le coton, les noix de cola, l’ivoire, les plumes d’autruche, le parfum, la cire et le cuir. En retour le royaume importait le sel, les chevaux, la soie, le verre, les mousquets et le cuivre.

Alooma s’intéressait particulièrement au commerce et à d’autres questions économiques. Il est reconnu pour avoir rendu les routes plus praticables, encourager la construction de meilleurs bateaux pour la navigation sur le lac Tchad. Il a standardisé les unités de mesure pour les céréales et installé les paysans sur de nouvelles terres agricoles. Il a aussi amélioré les échanges commerciales, sécurisé le transit à travers tout l’empire dans le but de le rendre si sûr qu’«une femme seule vêtue d’or pourrait se déplacer sans crainte à part Dieu.»

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